• Le foil n’est pas une invention récente et ceux qui ont cru à son développement dans le passé en ont été pour leur frais.
  • Cependant, aujourd’hui, il en va autrement. La technologie, l’offre et les attentes sont en phase.
  • Pour l’instant, il touche une catégorie de pionniers, les early adopters, qu’ils soient compétiteurs ou pratiquants d’avant garde.
  • La question n’est plus de savoir si le foil est une tendance mais de chercher à savoir quelle place il prendra et en quoi il changera la pratique en elle-même, si cette mouvance amènera de nouveaux adeptes ou si cette sophistication affolera plus qu’elle ne séduira.

Prenons un peu de recul : en optant pour les voiles-ailes rigides et le foil, les organisateurs et équipes de la Coupe de l’America Cup ont projeté la voile dans une autre dimension, celle du futur, de la haute technologie et de la performance. Le résultat est aussi éloigné de la voile de monsieur tout le monde qu’une F1 peut l’être d’une Clio mais le problème n’est pas là. Beaucoup d’autres circuits sont en train de suivre ou de se créer. Même les bateaux du Vendée Globe, aussi incongru que cela puisse paraître sur un monocoque, ont adoptés les plans porteurs. Ailleurs des enthousiastes osent même en mettre sous de vénérables lasers. L’heure est à l’expérimentation. Le foil est un outil pour casser les codes, il invite à la remise en cause, les nouvelles générations s’en emparent.

C’est sans doute en kitesurf que le phénomène est le plus avancé. En France, les ateliers qui développent des foils sont nombreux, et toutes les grandes marques ont désormais un modèle ou plusieurs à leur catalogue. Il y a des événements dédiés, un championnat du monde (le dernier titré est un français) , tout le monde se prend à rêver de kitefoil aux J.O, et même les détracteurs des Jeux Olympiques pensent que cette idée a un sens. Le fait que le foil permette de naviguer dès 8 noeuds augmente les chances de disposer d’une météorologie adéquate pour le pratiquant lambda, et diminue le risque qu’une compétition n’ait pas lieu, ce qui était jusqu’à présent un frein conséquent aux investissements dans ce domaine et surtout à la participation des médias qui n’aiment pas l’incertitude.

Le foil est également en train de « réveiller » le monde du windsurf qui se cherche un deuxième vie depuis des années. Les hawaiiens (Rush Randle, Hamilton et consorts) avaient bien travaillé dans cette direction il y a plus de vingt ans mais ce n’était pas le bon moment. Aujourd’hui, le windsurf foil n’est plus une curiosité, nombreux sont ceux qui souhaitent y passer. Comme en kite, le foil permet de naviguer dans le très petit temps et ouvre ainsi d’autres perspectives. Il renouvelle le sport mais le prolonge dans son pratique minoritaire.

En s’affichant au-dessus de la houle hawaienne en stand up paddle à foil, l’hawaiien Kaï Lenny à électrocuter les esprits. Le foil n’est plus seulement destiné à la vitesse, il devient une discipline à part entière, une façon de naviguer. Cyrill Coste ex-compétiteur en kitesurf et développeur de la marque de stand up paddle Lokahi a également fait un bon buzz très récemment avec une photo de lui sur un stand up foil équipé qui plus est d’une petite voile d’avant, inspiré des bateaux de pêche indonésien, fournissant un petit surcroit de poussée. Il est peu probable que le stand up foil bénéficie d’une large adhésion car il parait très élitistes autant pour les conditions requises que pour les qualités techniques et physiques nécessaires mais on voit que le plan porteur (le nom technique du foil qui n’est autre qu’une sorte d’aile d’avion) influence les esprits des développeurs. Dernier aspect et non des moindres, Kaï Lenny, toujours lui s’est « affiché » en surf à foil. Même si Laird Hamilton avait fait de même, il y a quelques années (en version tracté), on sent bien que quelque chose se passe et que les surfers pourraient aussi avoir envie de gouter à cette forme d’hypermodernité. Il faut se projeter à cinq ou même dix ans.

Le foil donne cependant une image très exigeante, pour ne pas dire élitiste de la pratique, que ce soit en voile ou en kitesurf. Le matériel reste pour l’instant coûteux, le foil amène aussi une notion supplémentaire de danger (en cause la vitesse, la hauteur et el foil lui-même dont les arêtes sont extrêmement coupantes). L’histoire des sports alternatifs montre malgré tout que le niveau des pratiquants augmente régulièrement. Tous les spécialistes qui sont sur le terrain et que nous avons encore consulté très récemment confirment l’intérêt croissant des passionnés. En « glisse » notamment. Les ventes s’envolent mais on reste sur des volumes très faibles. En voile, c’est plus compliqué. Les compétiteurs ne parlent que ce ça mais ils sont déconnectés de la réalité. Il arrive aussi que des observateurs avisés citent le cas du Flying Phantom, catamaran français, très haut de gamme, qui a beaucoup fait le buzz. Une fois encore, nous restons dans la sphère des pionniers. Le foil a t-il un avenir dans la voile loisir, c’est la question. Nous en profitons d’ailleurs pour faire un clin d’oeil aux lecteurs du forum Breizhskiff puisque nous avions initialement écrit « peu probable » et que c’est la seule phrase sur dix articles positifs, étayés sur le foil que l’un d’eux avait cri intelligent d’isoler. On parle bien de voile « loisir », le diagnostique mérite en effet d’être prudent. A ce jour, il n’y aucune trace de foil dans la voile « loisir ».

Pour conclure, on voit bien que le foil est un phénomène durable et surtout une sorte de révolution « transversale », un trait d’union entre toutes les pratiques nautiques. C’est sans doute ça le plus marquant. Il apporte un surcroit de sensation, donne l’impression de voler au-dessus de l’eau et enfin déplace la plage de pratique vers le vent faible ce qui n’est pas un détail. Tous ceux qui ont l’habitude d’attendre le vent peuvent comprendre. Le foil augmente les sensations en abaissant la contrainte due au vent mais il aura aussi ses effets secondaires, nous en reparlerons

C’est sur ce phénomène que des marques comme F.ONE, dont la vidéo illustre ce post, surfent, c’est le cas de le dire.

 

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