Dans son numéro de mars 2016, le magazine GQ titre : « Changez de braquet » et déclare. Hier un peu ringard, le vélo séduit désormais le grand public comme les hipsters. GQ fait le point sur le disciplies en vogue. Toutes les roues sont dans la nature. Le think tank codezero est d’accord…. et nous avions publié le 17 décembre 2014 ce post « Le cyclisme n’est pas l’alpha et l’omega du vélo », justement pour dire que quelque chose changeait.

C’est un billet d’humeur et d’opinion, mais il y est aussi question d’analyse. Notre point de vue est le suivant : en France, c’est un constat, pas une critique, l’image du vélo a été très influencée par la culture du cyclisme sur route et sans doute, très impactée par l’extraordinaire présence du Tour de France qui a accouché d’une cohorte de grandes figures ; Poulidor, Hinault, Virenque, Jalabert ou Fignon pour ne citer qu’eux. Chaque dimanche, des passionnés de tout âge vont rouler pour le plaisir, souvent en groupe et principalement sur la route et leur matériel ainsi que leur tenue ne laissent aucun doute sur leur appartenance culturelle à cette vision du vélo.

Tous les gamins font du vélo. Le vélo est un « jouet », il devient aussi un moyen de se déplacer, d’élargir son univers de quelques pâtés de maisons ou de quelques kilomètres, de faire la course avec les potes, il est souvent le premier vecteur pour expérimenter la vitesse et accessoirement les chutes qui vont avec. Le bicross a commencé à bien se développer aux USA dans les années 70. C’était un sport qui naturellement intéressait les plus jeunes, une discipline ludique et remuante à souhait, mais il n’y avait pas ou très peu de matériel en France, encore moins de structures. C’est mieux aujourd’hui mais qu’on le veuille ou non, le BMX est toujours un sport marginal. Dans beaucoup de sports, tout spécialement en France, ce sont les fédérations qui ont le pouvoir de développer une discipline, le BMX issu d’une culture divergente et antagoniste n’a sans doute pas fait l’objet d’un travail spécifique. Le même genre de dégât colatérale s’est passé avec le skate, le funboard ou le snowboard. En 2014, le vélo renvoie encore majoritairement au « cyclisme ». L’effort, la course, la route, mais heureusement les nouvelles tendances du VTT changent (un peu) la donne.

Dans d’autre pays, le vélo urbain, les tendances comme le fixie par exemple, connaissent un certain succès. Nous avions déjà abordé le problème dans le billet sur la gamme Levi’s commuter ou sur les lieux urbains hybrides. Ailleurs, on « propose » aussi, une autre image du vélo, d’autres formes de courses, d’autres jeux, une autre pratique que celle qui revient à dire au retour, « j’ai fait 4 heures » ou « j’ai fait 123 kms ». Le chiffre n’est pas l’unité de mesure du plaisir. Il y a plusieurs façons d’appréhender le vélo, plusieurs manières de l’utiliser, de le voir, de jouer avec et d’en tirer des sensations. Il y a des nouvelles tendances dans le vélo et je serai même tenté d’écrire des contre-courants dans le vélo, on serait bien inspiré de les favoriser ici.

En fait, pour être honnête, nous dirions que le cyclisme à la française réduit le vélo à une seule pratique, empêchant à notre sens les autres courant d’exister vraiment. Le vélo, par ailleurs engin écologique par excellence, mérite beaucoup plus d’ouverture d’esprit.