Le team Groupama vient de publier une vidéo dans laquelle on voit Martin Fisher, designer de l’équipe (notamment des appendices) nous expliquer sa vision du voilier du futur tout en griffonnant des croquis qui vont forcément rêver.

Passons rapidement sur ce que nous avons dit sur notre page Facebook et sur Twitter, l’idée de présenter comme bateau du futur vu par le team, un bateau tiré par un kite que Don Montague développe de son coté depuis dix ans nous laisse perplexe mais l’essentiel n’est pas là, d’ailleurs Martin Fisher qui cite aussi Sailrocket (concept imaginé par Bernard Smith dès les années 60) pense plutôt à un foiler monocoque stabilisé (comme Sailrocket) avec un cockpit fermé. Là aussi, veuillez nous excuser de la précision dérangeante, Paul Larsen disait, en parlant de la deuxième version de Sailrocket (dans une interview qu’il nous avait accordé il y quatre ans) que c’était un meilleur « avion ». Et il parlait – déjà – de fuselage… Il entendait par là dire que l’aérodynamique était fondamentale. D’ailleurs, le fameux fuselage de SailRocket qui semble avancer de travers est orienté pour être face au vent apparent.

Revenons à l’essentiel. La voile est en train de vivre un bouleversement sans précédent. Sans doute Tabarly et son Paul Ricard ont marqué le début de cette modernité qui s’accélère aujourd’hui. Ce qui pose question c’est la violence de cette évolution et de ces possibles répercussions. On parle bien aujourd’hui de foilers monocoques à cockpit fermé, tirés par un kite à 50 noeuds et bien plus (65 pour Sailrocket).

Même si tout le monde a bien compris que ce n’est pas le même monde que la voile « normale », ce décalage hallucinant dans un milieu très conservateur (un journaliste de voile nous confiait l’année dernière à propos des bateaux à foils : « pour nos lecteurs ce ne sont pas des bateaux… ») aura des répercussions profondes. Certaines bienvenues, d’autres redoutables aussi. D’autant qu’en France, nous l’avons déjà souligné, la médiatisation de la voile dans les médias grand public se fait toujours au travers de la compétition…

Pour le grand public, la voile était synonyme de lenteur et d’évasion. On va maintenant leur montrer des « marins » casqués, équipés de veste anti-impact, montant dans des cigares fermés, tirés à grande vitesse et susceptibles de s’envoler. Comme il est peu probable que sur le plan pédagogique la FFV sache accompagner cette évolution autrement qu’en parlant de compétitions, de médailles et autres records, le « plaisancier » lambda fort démuni se sentira…

Et le plaisancier lambda, c’est non pas le dernier maillon de la chaîne mais le premier. CE qui pose d’ailleurs une autre question valable autant pour la voile que pour la glisse, la capacité d’un secteur, d’une passion, à rester en phase à la fois avec son identité mais aussi avec une « audience » qui change en fonction des générations. On ne fait plus de la voile pour les mêmes raisons que dans les années 80, on ne pratique plus la glisse avec les mêmes motivations. Enfin, les « vieux » d’aujourd’hui ne sont pas les vieux d’hier….. Ce qui nous fait quelques solides thèmes de réflexions pour les semaines à venir

email

One Response to L’avenir de la voile existe déjà

  1. Hocquet dit :

    Waouh, ça laisse rêveur, la fédération qui gère depuis plus de 10 ans des engins qui oscillent entre mer et air va pouvoir en raconter à ces nouveaux voileux (FFVL)… ça ouvre des perspectives pour ma pratiques dans 10/20 ans quand la vieillesse m’aura rattrapée, faire du mono ou multicoque tracté par un kite pourrait être la solution…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *