La vision du sport « moderne » date du 19 ème siècle. On la doit à des personnalités comme Pierre de Coubertin, Henri Didon (plus vite, plus haut, plus fort, c’est lui) ou Friedrich Ludwig Jahn

Il est utile de se plonger dans leur biographie, pour comprendre. La perspective permet de mieux appréhender combien le siècle et demi qui nous sépare a peu changé le sport (hormis sa commercialisation à outrance) tandis que le monde – occidental au moins – et la société se métamorphosait. Ils étaient visionnaires, mais nous sommes en 2016.

Encore fois, il ne s’agit pas de dénoncer obligatoirement et unilatéralement l’univers sportif moderne et la nature même de la compétition, plutôt de constater que ce schéma qu’on nous présente depuis la nuit des temps comme un modèle de vertu est hautement critiquable et que les nouvelles tendances du sport, ce que nous appelons les sports alternatifs, ne sont pas des modes éphémères mais le symptômes d’un changement profond.

Nous écrivions récemment : »La liberté, la créativité et le goût du beau geste ont remplacé le culte de la performance, le résultat comme unique horizon du sport et la quête de médailles. La chorégraphie a pris la place de la mesure de la performance physique, la recherche de la sensation a supplanté l’effort, la nature s’est substitué aux pistes des stades, les gymnases où les terrains délimités. »

Nous disons également qu’il est question ici d’accomplissement personnel, de recherche de sensations, de quête esthétique bref d’une démarche qui dépasse un peu la très caricaturale recherche d’adrénaline, thème si réducteur, à la fois identité et kit de communication minimal qui sert de béquilles à ceux qui n’ont pas grand chose à dire. Nous confirmons que le terme « sport extrême » est un slogan à double tranchant, qui a fait de ceux qui poussaient la démarche très loin des trompes la mort, alors que cinquante en plus tôt les alpinistes s’inscrivaient dans l’inconscient collectif comme des pionniers alors que leur parcours était similaire.

Nous avons beaucoup écrit sur le sujet, débattu des nouvelles motivations sportives notamment et du changement culturel qu’à vécu le sport à la fin des années 70.  Oui, il est temps de « voir » le sport autrement, de proposer aux enfants une autre façon de « vivre » le sport. Le sport tel qu’il est aujourd’hui représenté à la TV, dans les grands médias, les grands événements et même le système éducatif est encore basé sur des valeurs qui méritent d’être reconsidérées. A minima, on doit proposer une « alternative ».

« Une activité dite d’expression corporelle nécessite que l’individu exprime ses sentiments, ses émotions, sa personnalité, à travers sa démarche, ses gestes, les expressions de son visage et même son énergie. Ainsi, tout exercice qui permet à une personne de s’exprimer par le biais de son corps entre dans cette catégorie d’activité physique. »

Regardez maintenant cette vidéo si vous n’avez pas commencer par là. Elle matérialise à merveille la rencontre de l’art du du geste. Il faut dire que le sport, c’est aussi cela. Dans ce contexte, la candidature de Paris aux J.O, à l’heure où le visage du sport « moderne » est surtout celui du dopage (Russie/Sotchi), de l’argent et de la lutte d’influence n’est pas franchement idéale. Ne parlons pas de l’influence politique…

Le sport n’est plus ce qu’il était. En le concevant comme un élément de développement personnel, en le replaçant dans le champ artistique, on le sort du strict domaine de la performance comparée donc de la rivalité. On l’extrait aussi de l’influence commerciale. Il devient facteur de bien être, champ créatif, on en fait aussi une activité « intellectuelle ». Ce n’est pas un gros mot, c’est d’une certaine manière moins excluant et ça ouvre beaucoup de perspectives.

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