Il est difficile au moins de 30 ans d’imaginer l’incroyable succès rencontré par la planche à voile à la toute fin des années 70 puis son développement exponentiel au cours des années 80. Initialement longboard sur lequel deux américains avaient greffé un gréement, la planche fut tour à tour engin de plage puis sport engagé avec les planches courtes et le « funboard » comme il était de bon ton de dire à l’époque pour se démarquer.

Si la planche à voile a marqué un véritable changement profond dans la façon d’envisager et de pratiquer le mer, elle n’a pas su capitaliser son succès sur le long terme, tiraillée entre ses différentes identités, concurrencée ensuite par l’apparition d’autres sports alternatifs et enfin handicapée par sa pratique devenue exigeante. L’incroyable évolution du matériel et du sport lui-même ayant fini de déboussoler beaucoup de pratiquants las de trop de changements.

Les tentatives de reconquête du grand public se sont toutes révélées des échecs, sauf la dernière qui consistait à remplacer le gréement par une rame…. Plus sérieusement, la dernière initiative en date vient du monde du kitesurf puisque c’est le groupe Boards and More (North Kiteboarding, Fanatic, ION..) qui présente un gréement gonflable, reprenant la technologie et le savoir faire acquis en kitesurf, qui contourne un des principaux « problèmes » du matériel classique, le gréement composé de trois pièces distinctes (mât, wishbone, voile) ensemble compliqué, galère à assembler, peu aisé à transporter dans l’hypothèse d’une pratique par des non spécialistes, urbains pour la plupart.

L’avenir de la planche à voile est-elle dans le gonflable, qui sait, pourquoi pas installer un gréement de ce type sur un SUP lui aussi gonflable. Peut-on imaginer reconquérir un public plus large vers ce qui est une des embarcations la plus simple et la plus accessible pour apprendre la mer, la planche à voile peut-elle en profiter pour se réinventer, autant de questions – dont la principale est comment sera perçu ce gréement – qui méritent réflexion. En tout état de cause, c’est une innovation disruptive dans un secteur qui en compte de moins en moins, il faut donc la saluer.

Dernière précision, c’est bien l’arrivée du snowboard qui obligea les fabricants de ski à réagir au milieu des années 90. Ils développèrent des skis avec des rayons de courbure drastiquement plus faibles, puis dotés de largeur au patin plus importante. Dès 95, Elan présente un ski parabolique bientôt suivi par les autres constructeurs. Suivront dix années de révolution sur le matériel : modèles paraboliques en compétition, raccourcissement des tailles, parabolique pour la famille, gammes freeride, puis freestyle avec l’arrivée des twin-tips, décade au cours de laquelle le ski reprit une bonne partie du terrain perdu, commercialement parlant, au profit du snowboard.

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