Une bataille fait rage. Que dis-je une guerre. Une guerre pour des parts de marché. Une lutte économique. C’est une vieille histoire. Une longue rivalité. Mais depuis plus de dix ans et les balbutiements du numérique, il y a un empire en jeu. L’empire de la photographie digitale. Depuis quelques mois, je l’ai dit et je le pense, en relayant chaque minute et chaque faits d’armes de cette guerre économiques, les blogs amplifient le face à face car le relayer et le surjouer est un moyen certes d’informer (et certains le font bien) leurs lecteurs, mais surtout d’affirmer leur existence et leur importance. Un blog est une vitrine, un carnet, un espace de réflexion, c’est aussi un miroir. Alors bien sûr, il y a de nouveaux entrants dans la danse comme Sony, Samsung ou Casio mais pour un professionnel désireux d’acquérir un vrai sytème de prise de vue avec boîtier, objectif, flash et accessoires, le choix – au moins pour certaines catégories de photographes dont je fais partie – se limite à Canon ou Nikon.Or aujourd’hui, à l’heure où l’informatique à sévèrement gangréné les boîtiers, on nous bombarde de fiches techniques et de données formelles et chiffrées. On est d’accord, l’époque est enthousiasmante et les performances des reflex, les nouvelles possibilités offertes par les logiciels de traitement d’images sont FABULEUSES, inouies et on aurait pas osé en rêver. Moi le premier bien qu’ayant fait pas mal de vidéo il y a dix ans, je me prenais à rêver à l’époque d’appareils à la sensibilité proche de celle des caméras du moment. Les fiches techniques et la course à l’armement, le bombardement, l’aspect froid de tout ça, j’en étais là. Ce qui me gêne dans tout ça est que la technique a un peu déshumanisé la photo. Le discours dominant dans le match Canon/Nikon est d’ordre technique et uniquement. Quand l’un propose une plus grande définition, l’autre réplique. Tu fais 10, je fais 12 et je réplique 15. Ils achèteront des disques durs et des ordinateurs plus puissants, de toute façon consommer plus, ils aiment ça, c’est l’époque semblent penser les marques. Une nouvelle sensibilité par l’un, l’autre y répond par une nouvelle fonction. On ne nous « vend » pas encore la cadence en Mhz des processeurs de traitement auquel on se contente de mettre des numéros mais ca va venir.

Libération que je ne lis plus qu’épisodiquement mais dont la nouvelle maquette est vraiment géniale a fait cette été des suppléments. Dans l’un deux, j’ai lu un très beau papier sur la rivalité qui a agité le monde du rock des années 60/70, la rivalité Fender contre Gibson. Il était évidemment question de parts de marché mais surtout de personnalité, de feeling. Hendrix à fait les belles heures de la Stratocaster, Jimmy Page la légende de la Gibson. D’autres aussi avant eux. Et derrière, tous les autre musicos pros ou non, bons au mauvais ont choisi Fender ou Gibson en fonction du son, du rendu, de la personnalité qu’ils voulaient avoir. Pas sur le nombre de plis du bois ou la tension nominale du micro. Un beau papier vraiment. le journalisme que j’aime. Des infos, des l’esprit, du rêve, de l’info.

La photo n’est un art que pour une infime partie des photographes. Etre créatif est déjà un beau challenge. Y compris pour un pro. En fait ce qui me gêne dans le débat actuel, c’est le regard terre à terre que l’on jette sur les appareils photos qui ne sont plus que des objets techniques. Ok un reflex n’est pas un instrument de musique, ce n’est pas non plus une clé à molette. Les fiches « techniques » ne me font pas rêver. J’y jette un oeil parce que cet important mais ce kidnapping de la photo, de son âme me fait un peu chier. Il y a pourtant de vraies différences. Fin 2007, début 2008, j’ai eu simultanément dans les mains un Canon 400D, un Nikon D40X et un Sony Alpha. Aucun ne donnait le même résultat. Chaque image avait son propre profil. Quasiment signé. Je ne perds pas les pédales, j’exagère un peu à dessein et je ne me prends pas pour un guitar heroe mais si je dois avouer que le rendu Canon me plait bien. Peut-être est-ce une habitude, peut-être devrais-je tester un D3 ? Si je continue à travailler avec cette marque, c’est aussi et surtout parce que je me sens bien avec ces boitiers dans les mains. J’ai plus de feeling qu’avec les autres. Le touché, la prise en main, la visée, etc…

Et vous. Pourquoi aimez vous telle marque, plus qu’une autre. Le rendu des fichiers, leur couleur, l’aspect, la dynamique ne vous parlent-elle pas plus que le nombre de pixel ? Auparavant, le rendu était davantage du à la pellicule. C’était à elle que l’on devait les couleurs, le contraste, le feeling de l’image. Aujourd’hui, c’est au boitiers que l’on doit ça. Vous pensee peut-être que ça n’a aucune importance. Peut-être pour 80% des photos. Et encore ça se discute. Quelles sont les raisons qui ont rendu le Leica mythique. Si on en parlait…

Etes vous dans le camps des informaticiens ou celui des musiciens… ? Etes-vous photosensibles ou purement informaticien et pragmatique ? Bon, si vous avez l’impression que je pars en couille, n’hésitez pas non plus à le dire, je serai un peu vexé mais j’en tiendrais compte.

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