Difficile de ne jamais avoir entendu parler de Laird Hamilton. Il personnifie LE waterman américain et a gagné depuis longtemps une stature internationale.

Hamilton est avant tout un surfer, il a grandi à Hawaii, dans la marmite originelle, s’est ensuite fait connaître du grand public avec l’avènement du surf de très grosse vagues en tow in, à Jaws, dès le début des années 90. Sa vague mythique à Teahupoo en 2000 participe également de sa légende, tout comme les films de lui en surf à foil. Son aisance insensée en stand up paddle a également consolidé sa réputation qui doit aussi à sa carrure de dieu grecque. Laird a aussi été un solide windsurfer (vague et vitesse) et un pionnier du kitesurf (dès 1996 on le voyait passer au large de Sprecksville avec une aile à caisson) même s’il n’a pas continué dans cette direction.

Si l’image de big wave rider est sans doute ce qui le défini le mieux, Laird a toujours été un pionnier, un « chercheur », un garçon qui ne se complait pas dans les standards mais ouvre de nouvelles routes.

Il n’y a jamais eu d’équivalent de Laird Hamilton même si Chuck Patterson sur le papier avait des atouts et des épaukles de la bonne largeur. Peut-être cherchait-on dans la mauvaise direction.

Une vidéo fait actuellement le tour du net. On y voit quelqu’un surfer des vagues françaises sur un stand up paddle équipé d’un foil. C’est tellement improbable que certains sites US s’en amusent en titre. Santa Cruz Waves met en Une : « Stand Up Foilboarding Actually Exists ». Tout comme Laird Hamilton, Bruno André est un « chercheur ». Windsurfer, surfer, il travaille depuis des années sur le foil. Il s’y est impliqué bien avant tout le monde. On lui doit aussi une approche spécifique de la planche à voile, le Sea Lion. Bruno André trace sa route hors des sentiers battus. Il a du se sentir plus d’une fois bien seul.

Ce que fait Bruno André a un écho mondial. Evidemment plus modeste que lorsque Laird tourne pour Point Break 2, mais le problème n’est pas dans là. En fait, pour trouver quelqu’un qui ressemble à Laird Hamilton, il ne faut pas chercher les mêmes muscles mais un état d’esprit comparable. Si le CNRS ouvrait un département « vague », il faudrait le confier à ce rider français qui réinvente la glisse à sa façon. Son travail n’est pas anecdotique, il mériterait davantage d’attention et de soutien. Les bretons (et les autres) faites du bruit pour lui…