Après l’influence durable et dominante du freestyle, la tendance la plus marquante du kitesurf depuis quelques années est celle du « strapless », si l’on fait abstraction du « foil » dont on parle de plus en plus, mais qui est beaucoup plus confidentielle pour l’instant.

En strapless, les riders n’utilisent plus des planches « twin-tip » symétriques (très proches des planches de wakeboard en termes de formes et équipées de straps pour les pieds) qui permettent de naviguer sous les deux amures sans avoir à faire de manoeuvres spécifiques, mais une planche directionnelle, très proche d’un surf dans son architecture générale. Ce n’est pas un hasard…

En naviguant en strapless, les riders font du surf avec un kite. La marque française HB surfkite créé par le Hervé Bourré, pionnier de la discipline, n’hésite pas à parler de « surfkite ». La sémantique est une arme de précision. Surfant sur cette pratique décalée et sur une identité française assumée, HB Surfkite a d’ailleurs baptisé ses modèles phares « Bonaparte » et « Lafayette ». De son coté, l’australien Ben Wilson, à la tête de la marque qui porte son nom, aimerait convaincre chaque surfer qu’une aile de kite est désormais l’accessoire indispensable pour réinventer sa pratique du surf. C’est ambitieux, visionnaire, pas forcément évident tant le surf est un microcosme conservateur.

Le strapless permet de ré-inventer la pratique du kite. Il n’est plus question de naviguer en puissance et la dimension aérienne devient beaucoup moins évidente puisque la planche n’est pas accrochée à vos pieds. Le but est de naviguer plus libre, d’aller dans les vagues. Il faut donc compter avec l’inertie de la planche et surtout avec l’appui du vent apparent pour ne pas la perdre. A ce jeux là, ils ne sont qu’une poignée à défier les lois de la physique et Airton Cozzolino en fait partie tout comme Patrick Rebstock ou Ian Allredge.

Cozzolino pouvant donner l’impression qui a de la colle sous les pieds a donné naissance à deux clips sur ce thème… Ce que cette vidéo fait plus que suggérer par ailleurs, et que désormais, la jonction entre plusieurs disciplines est réelle. On pratique alternativement le kitesurf, le surf et le stand up paddle. Je n’ai pas parlé des « nouveaux gens de mer » pour rien…