Le sport a profondément changé à partir du début des années 80 et l’apparition d’une approche pour ne pas dire d’une philosophie, alternative.

Jusque dans les années 70, l’accès vers le sport se fait essentiellement via l’appareil fédéral, quasiment détenteur de la « définition » même du sport. Nombreux sont ceux qui, encore aujourd’hui, notamment au sein des institutions, ne considèrent le sport qu’au travers de ce prisme fédération, clubs, compétitions. En France, le sport est un sujet qui relève de l’état, c’est une spécificité hexagonale. Ce qui explique en grande partie l’appétence des élus pour les compétitions, clés de voute à leur yeux de tout approche sportive. De la même manière, on observe encore une réelle fascination de l’appareil d’état pour les Jeux Olympiques, dont la doctrine comme la très bien fait remarquer Alain Loret dans « Anticiper le sport de demain » (2012) date pourtant du XIX ème siècle. On s’épargnera aujourd’hui d’aborder le coté obscur du C.I.O et les dérives (médiatiques, budgétaires, commerciales, politiques, etc..) notées de manières récurrentes à chaque olympiades mais qui n’empêchent en rien les candidatures de grandes villes d’affluer alors que lorsque le public est consulté, le rejet est souvent au rendez-vous.

Il ne s’agit pas de dire que cette vision du sport, encore très largement répandue, n’est pas la bonne et qu’elle n’a pas de vertus mais nous voudrions souligner qu’elle ne correspond plus à toute la réalité sportive en 2016.

Nous reviendrons en profondeur sur les fondements sur ce vaste sujet pour nous attarder aujourd’hui à travers cette vidéo sur un point sur lequel justement le sport traditionnel n’a pas ou très peu évolué. Or « Le rapport au corps sportif a muté vers de nouvelles valeurs recommandant la préservation du potentiel corporel là où le sport de compétition prônait son exploitation à courte vue dans le but de produire de la performance » (« Anticiper le sport de demain » – Loret-page 425). Le sport est aussi devenu outil de réalisation personnel, une expérience esthétique, il est question de partage et non plus seulement d’opposition. Mais surtout, là où le sport traditionnel appelle à un renouvellement constant d’une élite sportive jeune et d’une certaine façon « consommable », les sports alternatifs permettent à tout un chacun de prolonger sa pratique sans qu’une limite lui soit imposée. Il est amusant mais aussi agaçant de constater que le cadre sportif habituel classe encore en sénior ou en vétéran un compétiteur de 30 ans sans se soucier le moins du monde de l’aspect péjoratif. A ce point de vue, le sport « fédéral » est complètement à coté de la réalité. Changer de mots permettrait déjà de changer d’optique.

Le sport change en profondeur, la pratique se prolonge dans le temps. Si la performance absolue restera bien évidemment l’apanage d’une tranche d’âge donnée, le plaisir et l’accomplissement personnel qu’apporte l’approche alternative ne pose pas de limite. C’est le sens de cette vidéo. Une fois encore, cette nouvelle donne ouvre beaucoup de perspectives. Aussi bien sociétales qu’économiques. L’erreur d’appréciation de la tranche d’âge concernée est même l’erreur la plus récurrente concernant la glisse ou l’outdoor, notamment par les institutions touristiques.