Les raisons qui poussent une partie d’entre nous à faire du sport ont changé. Nous pensons même que la définition du sport mériterait d’évoluer afin de pouvoir porter un discours nouveau aux jeunes générations, leur laissant ainsi choisir entre un univers compétitif et d’autres horizons plus créatifs et surtout moins concurrentiels. La réalité du sport dit trop souvent l’inverse des valeurs qu’on lui fait porter.

Si nous sommes encore tenté – parfois – de qualifier de « nouvelles tendances du sport » ces scènes sportives comme la glisse, l’outdoor ou les pratiques alternatives issues de l’influence californienne, comme l’ont très bien analysé Alain Loret ou Jean Corneloup,  c’est uniquement parce qu’elles souffrent encore d’un déficit de compréhension et d’intégration. Elles ont pourtant émergé au début des années 80 et leur origine remonte aux changements sociétaux des années 60.

Lorsque nous intervenons en entreprise, pour les collectivités locales ou lors des nombreux échanges que nous pouvons avoir au cours de l’année, nous constatons encore régulièrement cette « fracture sportive » qui n’a plus lieu d’être. Les sports alternatifs viennent compléter l’univers sportif, l’enrichir, de nombreux passionnés appartiennent d’ailleurs à ces deux mondes au gré de leur envies, leurs motivations ou tout simplement des opportunités de la vie. Or, comment les acteurs institutionnels ou économiques peuvent-ils anticiper ou à minima s’adapter à une population dont ils ignorent ou minimisent les motivations ?

Ce qui est certain, c’est que l’horizon sportif est plus que jamais diversifié. Aujourd’hui on nage, on surfe, on court, on pédale, on skate pour être bien dans sa peau, on recherche un accomplissement, des sensations, on perfectionne son geste comme un danseur, on cherche a partager avec ses amis ou ses partenaires plutôt que de les battre. On capitalise du plaisir et des sensations plutôt que ce compter ses performances. On s’immerge dans un milieu naturel pour y « vivre » pleinement.

C’est indirectement ce que montre ce film. Le surf est plus qu’un sport, c’est un mode de vie, une expérience. Qui plus est la qualité de la réalisation, l’oeil de Taylor Steele, cette sorte d’immersion qu’il nous propose en quelques minutes traduit bien la richesse d’évoluer en milieu naturel. Que ce soit l’océan ou la montagne. D’ailleurs, le très vénérable National Géographic ne vient-il pas de titre : « We are wired to be outside »

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One Response to Développement personnel, besoin de nature, désir, art du geste, spiritualité, esthétisme sont les nouvelles motivations sportives

  1. Très bon article. L’anticipation et l’adaptation à ces attentes ne peuvent pas venir des institutions. Les dirigeants des institutions observent et décident mais ne pratiquent pas.
    L’apprentissage et la transmission des gestes sportifs ont été imaginés, décrits et structurés par des pratiquants expérimentés qui avait cette volonté de partager et de transmettre leur passion.
    Vivre l’expérience sportive est bel et bien ce que recherchent nos contemporains. Le caractère hédoniste du sport s’affirme. L’individu prime sur le groupe.
    Comme le décrit si bien le slogan de l’ESF « le plaisir, ça s’apprend », les coachs, entraîneurs, moniteurs ou instructeurs ont un rôle déterminant à jouer dans cette initiation au plaisir de faire du sport, quelle qu’en soit la forme. La transformation, si elle intervient, ne se produit en général qu’au contact du pratiquant, c’est à dire au niveau du club ou de la structure qui lui propose l’activité. Pas des institutions.

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