Il y a sans doute plusieurs façons de concevoir les sports de glisse et cette réflexion vaut sans doute aussi pour l’outdoor et l’ensemble des sports alternatifs ou non-conventionnels, mais à mon sens, c’est sans doute le qualificatif de sports extrêmes qui aura fait le plus de dégâts collatéraux, en les associant aux yeux du grand public et de beaucoup de médias mal informés qui en ont joué parce que le raccourci leur allait bien, à des jeux du cirque pour bipèdes décervelés en mal d’adrénaline. J’ai d’ailleurs horreur personnellement de ce mot qui fait passer tous les pratiquants pour des sortes de junkys dépassés par je ne sais quelle de leurs glandes. J’y vais fort, je sais. C’est vrai, la glisse n’a pas forcément trouvé son Walter Bonatti.

Oui, la recherche de l’extrême fait partie du jeu, je suis le premier à me brancher sur Red Bull.tv pour le direct de la Rampage, j’essaye également de dépasser mes propres limites mais résumer tout un univers, que dis tous les univers des sports alternatifs à cela est une hérésie. La seule notion de l’extrême nous tire vers le bas.

Il y a autre chose derrière toutes ces tendances. Beaucoup plus d’épaisseur que juste la notion du risque pour le risque qui n’est l’apanage que de 5% des pratiquants. Il y a une volonté de vivre le sport différemment, il y a une quête d’absolu, de plaisir, une quête du beau geste qui en appelle à la danse ou à l’expression corporelle, une démarche hédoniste, une volonté de jouer sans contrainte, de jouir sans entrave auraient dit les soixante huitard (mais cette idée est de Raoul Vaneigem, un écrivain et philosophe belge né en 1934), une démarche intellectuelle aussi qui ne vaut pas moins que celle d’autres contre-cultures, un autre « Usage du monde » comme je le suggérais il y a peu.

J’adore cette vidéo pour les raisons suivantes. On y voit bien le « jeu ». Pas question d’extrême ici, pas de risque, rien de sous-jacent. Il y a de l’élégance surtout, du beau geste. De la maîtrise, mais pas de « performance » au sens où on l’entend habituellement. Il y a du style, de la beauté, du beau jeu qui ne retire rien à quiconque et qui peut-être partagé. C’est en outre très bien filmé, la bande son va à merveille avec les plans. C’est au Cap Ferret…

Le skimboard est une pratique assez confidentielle. Ca ne devrait pas…

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4 Responses to Danse avec les vagues. Ce que la glisse emprunte à l’expression corporelle

  1. […] Il y a sans doute plusieurs façons de concevoir les sports de glisse et cette réflexion vaut sans doute aussi pour l'outdoor et l'ensemble des sports alternatifs ou non-conventionnels, mais à mon s…  […]

  2. Dam dit :

    Belle vidéo en effet.
    Pour avoir vu évoluer ce rider l’été dernier par hasard, je suis resté scotché, c’est effectivement superbe, et trop méconnu. Le niveau est impressionnant. Je trouve que ce n’est pas complètement sans risque non plus, les mecs peuvent évoluer dans un bon vieux shorebreak bien épais qui déroule quasi à sec…
    L’homme trouvera toujours un moyen de jouer avec ce qu’il a à sa disposition, et finalement peu importe le support !
    Pour l’idée de la danse, tout à fait juste, ça me rappelle ce que fait un certain Caesar Finies à Bonaire :

  3. […] Danse avec les vagues. Ce que la glisse emprunte à l’expression corporelle […]

  4. […] Enfin dans ce dernier. Danse avec les vagues. Ce que la glisse emprunte à l’expression corporelle […]

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