Le choix de la couverture est éminemment important, tous les rédacteurs en chef sont censés le savoir, tous les éditeurs sont censés le comprendre. Dans la réalité, le choix d’une couverture est rarement le résultat d’un consensus, plus souvent un choix qui résulte du poids respectifs du rédacteur en chef, du directeur artistique et de l’éditeur dont les paramètres de décisions et les envies sont très souvent incompatibles. Il arrive que les journalistes aient une influence décisive mais trop rarement et sans doute seulement dans les petites structures.

Il y a à mon avis deux tendances qui s’affrontent. D’un coté, les choix pragmatiques avec une photo en relation direct avec le sommaire, un choix de visuel très classique et un alignement d’accroches détaillant le contenu, de l’autre, une conception beaucoup plus graphique avec la photo mise en avant, et beaucoup moins de texte en général. C’est ce qui se passe dans la presse de surf, et de glisse ou de BMX. Je pense à ART ou à Soul Magazine. Mais le titre Désillusion en est l’exemple le plus frappant.

Pour ce billet, je voudrais juste comparer les approches de deux titres qui traite de VTT (et qui n’ont rien d’underground..) Bike Magazine, titre californien et Bike, specialisé français édité par Larivières. Je ne lis par le premier régulièrement, mais je vais de plus en plus sur son site internet, j’achète le second mais sans empressement excessif et je pourrais arrêter du jour au lendemain si je trouvais mieux. En terme de couverture, nous ne sommes pas exactement dans les deux cas détaillés ci-dessus mais presque. Le californien opte clairement pour des images superbes, très souvent en plan large avec le mountain biker dans un contexte qui fait rêver, quand titre français s’en tient le plus souvent à un gros plan, majoritairement un vélo testé dans le même numéro et beaucoup d’accroche. On peut noter que le mag US a un très beau site internet avec des visuels très bien sélectionnés, quand le magazine français n’en a pas et ce n’est pas pour son exigence visuelle qu’on l’achète…

Les couvertures de Bike Magazine me font rêver, les autres non, c’est une évidence. Dans un cas, il y a une couverture qui créé du lien avec les lecteurs passionnés parce qu’elle vous propulse dans la pratique, ce qui est souvent le cas en presse thématique spécialisée, dans l’autre, on a une presse qui semble s’adresser à ses lecteurs comme à des consommateurs et sa lecture montre que sa culture graphique est des plus limitées.

En France, seul Bike Bike édité par Nivéales fait ce genre de choix mais c’est un titre avec un positionnement éditorial très radical. Le titre est édité par un groupe qui a la culture glisse ou outdoor chevillée au corps ce qui n’est pas le cas des éditions Larivière. Je ne tire aucune conséquence en terme d’efficacité, je n’ai aucun chiffre concernant ces deux là.

Mais on reparlera de tout ça ici. Entre autres. Et des choix graphiques dans le web.