Le 11 janvier 2016, le journal Les Echos titre : « Tourisme : la Côte d’Azur mise sur le sport pour trouver un second souffle » et consacre un long article à ce sujet. 

En substance, il est dit que « La Côte d’Azur ne se résume pas à une succession de plages pour amateurs de farniente.  » et que les acteurs locaux sont bien décidés à attirer de nouveaux touristes et font des sportifs une de leur cible prioritaire.

Capture d’écran 2015-05-15 à 22.21.13Il faut «  réinventer la Côte d’Azur  », assure ainsi David Lisnard­, président du comité régional du tourisme (CRT) et maire de Cannes­. Marathonien de longue date, convaincu que le sport peut contribuer à forger l’identité d’une destination. Un cluster sport, tourisme et culture a été crée. « Les évolutions sociétales poussent au développement des pratiques sportives, en particulier en Europe du Nord. Il y a là une clientèle potentielle pour la Côte d’Azur  », confirme Christophe Lepetit, chargé d’études économiques au Centre de Droit et d’Economie du Sport. L’objectif affiché est de doubler en dix ans les 300.000 séjours (soit 1,5 million de nuitées) déjà générés par les activités sportives. » L’article passe ensuite en revue les différents événements et initiatives que la région compte exploiter.

Evidemment nous ne pouvons qu’applaudir une telle initiative, nous pensons depuis longtemps que le sport est un « moteur » de tourisme, une raison pour laquelle une certaine catégorie de clientèle voyage. Par contre, comme souvent, les nouvelles tendances du sport et des loisirs- dont l’émergence date des années 80 il est important de le rappeler – ne sont pas abordées dans le sujet, et ne semblent pas faire partie des préoccupations de la région. Dommage quand on sait que le sud-est de la France possède un environnement (littoral et arrière pays) réputé dans le monde entier pour les sports de nature (outdoor, glisse et autres) qui s’affirment de plus en plus comme les activités de demain. Aussi bien pour des raisons sociétales qu’environnementales.

L’Aude et notamment le Grand Narbonne l’ont compris récemment. Code Zero est d’ailleurs intervenu dans cette démarche liée à l’économie de la glisse. Dans les faits, ça se complique toutefois puisque l’accès aux spots est compromis par la loi littorale. La place prise dans le sud-ouest par le surf est également un exemple significatif de l’apport d’un sport sur l’identité, l’attractivité et l’activité économique d’une région. La Côte d’Azur a souvent été comparée à la Californie. Or l’un des atouts aussi bien touristique qu’économique de la Californie a été le style de vie dont elle était porteuse. Un style de vie dans lequel le surf et une certaine vision du sport ont toujours été fondamentalement différents de la nôtre. Les californiens ont inventé le VTT, la grimpe et des grandes marques (Spécialized, The North Face et autres) en sont issues. Il est donc urgent de laisser une grande place à cette vision novatrice du sport/loisir…

Les grands événements cités dans Les Echos, aussi porteurs soient-ils ne font pas partie des sports alternatifs dont on sait qu’ils marquent une rupture dans la pratique sportive et correspondent à une vision moderne des sports/loisirs.

La nature et les « spots » ont remplacé les stades, il y a de nouvelles motivations sportives, ce sont des éléments décisifs qu’une région comme la Provence Cote d’Azur doit absolument intégrer dans sa démarche globale, tant le potentiel de toutes ces nouvelles tendances du sport, est considérable, aussi bien en termes d’images que de pratiquants. Et ce tout l’année. Il faut penser au Calanques ou au Verdon pour la grimpe, sites réputés dans le monde entier, à l’Esterel pour le trail et  VTT sans oublier tout le sud du massif alpin (département du 04 et du 05) riche d’une activité outdoor et glisse. Rappelons que Loïc Bruni champion du monde de VTT de descente 2015 est Varois. Pour info, le très prestigieux Yacht Club de Monaco communiquait le même jour sur une conférence concernant l’un de ses membres  Maxime Nocher, l’envol d’un septuple champion du monde de kitesurf”.

Par ailleurs, il est admis que les femmes, de plus en plus impliquées dans le sport, adhèrent à la philosophie des nouvelles tendances du sport et qu’elles sont souvent prescriptrices. Enfin, ces nouveaux sports sont représentatifs d’un style de vie, par essence liés à un lieu (une paroi, un parcours, un spot), que ce lieu fait sens, qu’il fait l’identité même de la pratique et que sur ce point là, la région PACA a toutes les cartes en main.

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