Archives codezero du 9 mars 2014. Plus que jamais d’actualité

La notion de maritimité est apparue récemment, dans les années 90 pour être précis. Elle concerne notamment la relation de l’homme à son milieu maritime. Nous avons déjà abordé le sujet au travers du post « Les nouveaux gens de mer » mais c’est une discrète obsession… Il faut dire que c’est un sujet passionnant et très vaste. Nous vous invitons a lire l’explication plus bas mais d’abord, une vidéo, très significative à nos yeux.

Quel est notre propos. La « maritimité » actuelle est en pleine évolution, c’est vrai à plusieurs niveaux. Oui, l’aspect ludique, récréatif et culturel prend le dessus et au sein même de ce changement, on en trouve un autre. Des hommes et des femmes expérimentent un nouveau rapport à la mer au travers du surf, de la pirogue, du stand up paddle, du windsurf ou du kitesurf. Ces pratiques liées à l’océan et considérées hier au mieux comme alternatives, au pire comme superficielles sont devenues des réalités partagées à travers le monde, notamment en raison d’un changement de génération. Ceux qui ont découvert la mer au travers de la planche à voile en 1980 ont aujourd’hui 50 ans et plus. Ils ne voient pas la mer comme la génération d’avant, ni même comme ceux nés 10 ou 15 ans plus tôt et à fortiori les générations suivantes, influencées par le développement de l’esprit des sports de glisse. De plus, dans une société plus individualiste, dans une monde où l’accès au plaisir doit être le plus rapide possible, et surtout dans la perspective des nouvelles motivations sportives,  la « voile » (et ses contraintes) n’est peut-être plus la référence pour s’imaginer en mer. Ce qui ne remet pas en cause ses bons cotés.

images_project_5225eae73e05b30a00000022_extraimg_733307983The Old, the Young & the Sea est un documentaire. La caméra glisse le long de la côte atlantique de la France, l’Espagne et le Portugal. Le film donne à voir  la culture côtière post-moderne de l’Europe,  fortement influencée par l’héritage hippie des années 1960, l’industrie du surf moderne et la relation quasi vitale qu’entretiennent les passionnés de glisse avec l’océan et le rivage. Le spectateur pénètre un monde de diversité culturelle, de surprenantes rencontres et à la recherche de l’esprit du voyage, c’est le pitch du film.

L’extrait ci-dessous vient du site Espace Manche . Depuis plus de 15 ans, l’Atlas Transmanche – Espace Manche donne à voir et à comprendre un espace transfrontalier maritime majeur. L’Atlas Transmanche – Espace Manche est le fruit d’une collaboration scientifique franco-britannique engageant des équipes universitaires et CNRS pluridisciplinaires et franco-britanniques.

« La maritimité désigne la relation de l’homme à son milieu maritime. Relation sportive, ludique, récréative, professionnelle, culturelle… Au delà de ces différents rapports, comme toutes populations marquées par un trait géographique majeur (milieu montagnard, milieu désertique …), les populations côtières sont imprégnées d’une mémoire collective. Nombreux sont ceux qui ont des ancêtres ayant vécu de la mer ou qui ont étaient imprégnés par cet espace maritime. Ces populations ressentent un fort sentiment d’appartenance à cet environnement. Elles ont reçu un héritage à travers les monuments (phares, vieux ports), les peintures, les bateaux de pêche anciens ou modernes… Mais c’est aussi à travers l’action, la mobilisation d’acteurs qui font vivre ou revivre ce patrimoine maritime.

Capture d’écran 2014-02-13 à 15.17.04Réfléchir sur la maritimité, c’est comprendre comment les hommes s’approprient, perçoivent et pratiquent la mer  », l’estran, la côte… C’est une réflexion entre le passé et le présent. Cette compréhension de ces rapports passe par l’analyse de l’économie locale, sans négliger l’aspect culturel et idéologique tenant une place primordiale dans l’analyse de la maritimité d’un territoire.

Aujourd’hui, une nouvelle sensibilité au maritime s’est développée. Après ces années de crise, une nouvelle maritimité émerge avec des nouvelles formes de sociétés. Cela s’exprime par la croissance des sports nautiques et de glisse (planches à voile, surf, speed-sail), les croisières, les musées maritimes, les ports de plaisance, les grandes compétitions nautiques… L’eau prend une place de choix dans toutes les villes portuaires européennes : l’aménagement urbain de ces dix dernières années se tourne vers la mer, une valeur nouvelle dans le paysage urbain. Lorient, Brest, Dunkerque, Saint-Nazaire, Liverpool, Anvers… s’attachent à la reconquête des espaces portuaires (réaménagements des quais, ouverture du centre-ville sur lazone portuaire isolée …). La mer ignorée pendant les années 70 80, retrouve sa place et devient un enjeu d’aménagement de ville en quête d’identité. »