Ce thème nous tient particulièrement à coeur, voilà ce qui justifie la rediffison de ce post initialement mis en ligne le 22 octobre dernier.

Une autre façon d’envisager le sport a émergé à la fin des années 70. La liberté, la créativité et le goût du beau geste ont remplacé le culte de la performance, le résultat comme unique horizon du sport et la quête de médailles. La chorégraphie a pris la place de la mesure de la performance physique, la recherche de la sensation a supplanté l’effort, la nature s’est substitué aux pistes des stades, les gymnases où les terrains délimités. Ce constat n’est pas nouveau

Cette tendance lourde est évidemment bien installée, la glisse, l’outdoor et autres sports alternatifs (et pas forcément extrèmes) font partie aujourd’hui du « paysage », ils ont même été compris et intégré par certains acteurs économiques, même si les instances sportives traditionnelles et autres observateurs séculaires n’ont toujours pas compris les fondamentaux de cette évolution.On applique encore la grille de lecture du sport institutionnel à des pratiques qui sont pourtant en opposition.

C’est dans cette optique qu’il faut apprécier cette série de films. Il fallait oser. On s’attardera aux motivations (marketing) de Red Bull (et à leur coté un peu contradictoire) un peu plus tard mais considérons d’abord le propos.

En abordant la place de la perfection du geste, du rythme, du contrôle et enfin du mouvement dans les sports comme le skate, les nouvelles tendances du vélo (BMX et slopestyle), et le FMX et mettant parfaitement en scène des parallèles aussi troublants que significatifs, avec des danseurs (danse classique et breakdance) et un spécialiste de l’art du déplacement, Red Bull place ces disciplines dans le champ créatif pour ne pas dire artistique. Ce n’est pas rien. En faisant ces parallèles, RB nous invite à les considérer de façon totalement différente et leur donne noblesse, profondeur et donc une tout autre identité. C’est ce qu’il faut retenir. Que ce soit Red Bull qui, dans le passé a toujours poussé ces disciplines vers plus de radicalité, le dise, est un autre débat…

Même si tous ces sports alternatifs reproduisent à un moment où un autre des schémas de compétitions, ce n’est pas leur nature profonde, c’est aussi la raison pour laquelle leur présence aux J.O est souvent une farce. En se positionnant davantage comme art du déplacement, et non pas uniquement dans le registre « sport extrême » , ils gagneront à être mieux compris et considérés.

C’est une question de culture et de référence mais l’idée n’est pas folle. Nous avions déjà abordé cet aspect des choses ici avec l’initiative de cette troupe de danseurs et de skaters : Ces sports où l’expression corporelle remplace le classement

La place de certains riders dans la légende s’est faite sur des critères d’inventivité et de style comme là. L’importance de la culture skate et la légende de Jay Adams 

Dans ce post également. Le rapport avec l’art et une façon plus créative et poétique de voir le sport : Skate, art et poésie

Enfin dans ce dernier. Danse avec les vagues. Ce que la glisse emprunte à l’expression corporelle