Archives coderezo. 7 août 2014.

Il y a des mots à double tranchant et l’adjectif extrême que l’on a si souvent appliqué sans discernement aux nouvelles pratiques sportives n’a pas eu loin s’en faut que des effets positifs. Certes, c’est pratique, évocateur, valorisant, c’est aussi terriblement réducteur. On ne peut pas mettre dans la même « case » le wingsuit ou le BMX, même si le BMX peut, dans certains cas, devenir extrême. De même, il y a un monde entre le bigwave riding à Jaws et le longboard sur un beach break de 50 cm.

Le kitesurf rentre dans cette catégorie fourre-tout des sports extrêmes. Quand Ruben Lenten saute a 20 mètres de haut, c’est extrême. Mais le kitesurf par exemple, peut aussi être un sport fabuleux et assez apaisé, ça ne retire rien a ses qualités mais on a parfois l’impression qu’en donner une image plus « tiède » tiendrait de la faute professionnelle. Les médias spécialisés ou non ont une assez lourde responsabilité à ce sujet. Je m’explique. Il est plus « valorisant », plus « percutant » pour un magazine, une émission TV ou autre de relayer quelque chose de radical. C’est plus facile aussi. L’audience est généralement au rendez-vous. Dans la cas du kitesurf, ça peut devenir un vrai souci en termes d’image globale avec toutes les répercussions que çelà entraine en général. Auprès du grand public qui décidera de s’y intéresser ou pas, des institutions locales qui peuvent interdire ou pas si elles perçoivent la pratique comme une source de problèmes éventuels, etc…

C’est dans cette optique que cette vidéo est intéressante. D’abord pour son coté « culturel ». L’alaïa est une petite planche de surf traditionnelle hawaïenne. Elle implique justement une autre pratique , un autre rapport avec la mer. Elle n’a pas d’aileron ni des straps (sangles pour les pieds) donc on s’en sert dans un vent léger, on s’oriente vers une pratique ludique, pas du tout engagée, en aucun cas extrême donc surtout pas dangereuse. Un autre exemple. Le stand up paddle n’est pas qualifié de sport extrême. Il peut l’être quand Kai Lenny se lance à Jaws ou à minima donner une image très radicale quand de nombreux autres riders sont pris en photo dans des vagues creuses pour bien faire le lien avec le surf. Idem quand certains surfers se lancent dans des downwinds très engagés. Mais dans l’absolu, le SUP est perçu comme un sport accessible. Ce n’est pas plus mal.

Le kitesurf aurait tout intérêt à mettre aussi en avant ce type d’exemple et le propos est valable aussi pour d’autres disciplines alternatives.