«… le besoin d’écrire, montre toute la valeur qu’il y a à ordonner les mots sur un bout de papier…. » écrivait Hunter S Thomson. Effectivement, il arrive qu’un journaliste écrivent un papier d’un trait parce qu’un événement suscite en lui une émotion et une analyse. Ca a été le cas pour moi quand Antoine Albeau a été élu marin de l’année en 2010. En faisant hier une recherche sur le web, je suis retombé dessus et j’ai eu l’envie de le mettre en ligne.
Ainsi, le marin de l’année est un windsurfer. C’est une putain de bonne nouvelle. Enfin, disons que c’est une bonne nouvelle tout en pensant que cette récompense est un peu comme ces lettres d’amour qui perdues par la poste, arrive vingt ans trop tard. Un des protagonistes est parti, marié, borgne ou mort. Pourquoi aura t-il fallu attendre tant d’années, alors même que le windsurf n’est plus que l’ombre de ce qu’il a été dans le passé ? Personne n’a la réponse, si ce n’est que la talent d’Antoine Albeau et sa capacité à continuer à gagner aura eu raison de toutes les résistances. Belle leçon.
Un windsurfer marin de l’année, la nouvelle aura de quoi décontenancer les moins de trente ans, justement parce qu’il n’auront pas connu l’ampleur du phénomène qu’aura représenté la « planche à voile » puis le « funboard ». Au mieux auraient-ils voté pour Alex Caizergues, porteur de modernité avec son kite au delà des 100 km/h. Les autres, plus vieux, se rappelleront les premières photographies dans les vagues hawaiennes, Jurgen Honscheid, Cabrinha déjà, Robby Naish, les planches coupées, la Torche, Wind, les premiers customs, Copello, De Turchkeim, Tiga, La O’ Neill, Mark Angulo, etc… et le salon nautique au CNIT littéralement colonisé par le phénomène. Mais la nostalgie n’est même plus de mise et ce serait presque pathétique. Alors les plus optimistes se diront que mieux vaut tard que jamais. Hormis les cercles proches d’Antoine Albeau, très peu nombreux étaient ceux qui osaient encore croire à une telle éventualité. Encore moins l’année de la saison parfaite pour Le Cléach’ ou celle où Franck Cammas a tenu les océans en respect au creux de sa main. En ce sens, la surprise est totale, cette année, c’était plus improbable que jamais.
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